La garde à vue
Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Jc 3:1
En relisant ce passage, je vous avoue que je me suis posé de nombreuses questions : quel sera ce jugement ? Qu’entend-t-il par plus sévère ? Qu’est-ce qui, concrètement dans l’enseignement que je pourrai délivrer, peut m’amener à passer par ce jugement personnalisé au mot près ?
Je me suis soudain projeté dans l’avenir et je me suis imaginé assis, dans un salle dépouillée aux vitres sans teint. Un ange assis à côté de moi vient de me passer l’enregistrement de mes dernières prédications et me regarde avec sévérité: “Alors, qu’est-ce que tu as à dire pour ta défense ?”
Rien.
Disons que ça sonnait plutôt bien quand j'étais sur l’estrade, mais maintenant que je l’entends ici, je ne suis plus très sûr. C’est sûrement accablant, enfin j’imagine parce que sinon je ne serai pas là.
Alors je me souviens que dans ces situations-là, j’ai droit à un coup de fil et je demande à le passer. Pour joindre mon avocat. Et quand ça décroche j’ai cette conversation lunaire:
— Allo Jésus ? Tu ne vas pas le croire mais j’ai encore besoin de toi.
— Quoi ? Mais tu es sauvé, tu es au ciel ? !
— Tu me connais, je suis capable de tout…
— Ok bouge pas, ne dis plus un mot avant que j’arrive…
Et puis je reviens sur terre et un détail m'interpelle: Jacques dit “nous serons jugés…”. Il s’inclut dans le procès. Lui qui a écrit une épître. Lui qui a aussi dit de Jésus: “Il est devenu fou” (Mc 3:21).
Et soudain je me suis senti moins seul…